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3 communes
1 073 habitants
20 600 hectares
Présentation géographique, historique et culturelle
La Réserve de biosphère de la mer d’Iroise (RBI) est la seule réserve de biosphère insulaire de France métropolitaine, et bénéficie de la proximité d’un pôle de recherche sur le littoral et la mer (à Brest).
Située à l’intérieur des limites du Parc Naturel Régional d’Armorique, elle s’étend sur 20 600 hectares et comporte deux îles habitées (Ouessant, 1 500 hectares, et Molène, 75 hectares) ainsi qu’un archipel constitué d’une vingtaine d’îlots (situés sur le territoire communal du Conquet). La partie marine est comprise jusqu’à l’isobathe -20 mètres.
Créée en 1988, la RBI, gérée par le Parc Naturel Régional d’Armorique, est représentative des écosystèmes littoraux et marins représentatifs du domaine biogéographique atlantique. Les îlots constituent une halte et un lieu de nidification pour les oiseaux marins et l’estran abrite des espèces d’une grande richesse et d’une extrême diversité. Une colonie de phoques gris et un groupe sédentaire de grands dauphins ont élu domicile dans l’archipel de Molène.
Les paysages et milieux terrestres se caractérisent également par leur qualité et leur diversité, leur richesse faunistique et floristique.
L’île d’Ouessant était traditionnellement une île de femmes cultivatrices, qui tiraient leur subsistance de la culture de parcelles en lanière (de la largeur d’une charrue), de la collecte, sur les grèves, d’algues, de bois pour le chauffage ou la construction et de l’élevage de quelques bêtes (moutons, vaches et chevaux rustiques de petite taille, cochons). Une partie de l’île était quadrillée de murets de pierres sèches pour protéger les cultures des assauts du vent, des embruns et du bétail, laissé en libre pâturage sur les côtes pendant les mois d’hiver. Les hommes, eux, étaient absents, embarqués au long court dans la marine d’Etat ou la marine marchande. Jusqu’à la fin du XIX ème siècle, les liaisons avec le continent étaient rares et l’île vivait en quasi autarcie. L’instauration d’une liaison régulière et l’augmentation des soldes des pères et époux ont conduit à l’abandon progressif de l’agriculture et de l’usage des sols. La principale activité économique de la population îlienne (en diminution constante et vieillissante) est aujourd’hui le tourisme, avec les impacts induits pour l’environnement.
L’île de Molène était quant à elle traditionnellement une île de pêcheurs et de sauveteurs. La pêche côtière était la principale activité. Les bateaux appartenaient à des armateurs du Conquet, mais les équipages étaient molénais. Aujourd’hui, trois bateaux arment encore à la pêche professionnelle, permettant le maintien de quelques emplois traditionnels. Les îliens étaient également connus comme des sauveteurs héroiques, avant même le premier canot de sauvetage, le « Saint-Ronan »reçu de la Société Centrale de Sauvetage des naufragés en 1866. Molène était également l’archipel des goémoniers, qui débarquaient avec chevaux et outils pour récolter, sécher et brûler le goémon afin d’en extraire une substance improprement appelée soude. Aujourd’hui, les goémoniers de Plouguerneau exploitent le plus grand champ d’algues d’Europe avec des navires équipés de « scoubidous », bras articulés permettant de récolter les algues.
L’archipel de Molène est constitué, outre de l’île principale, de 8 îlots principaux (Banneg, Balaneg, Triélen, l’île aux Chrétiens, Quéménès, Litiry, Morgol, Béniguet) et 9 îlots annexés aux précédents portant souvent le nom de Lédénes (« extension de l’île »).
Le domaine terrestre de trois îles, Banneg et ses îlots annexes, Balaneg et son ledenez et Trielen, constitue la Réserve naturelle nationale d’Iroise gérée par Bretagne Vivante-SEPNB. La flore littorale typique, la faune maritime et l’avifaune remarquables en font en effet un ensemble exceptionnel.
Le Conservatoire de l’Espace du littoral est quant à lui propriétaire de l’île de Quéménès, où il encourage un projet d’accueil à la ferme.
L’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) gère l’île de Béniguet classé en Réserve de chasse et de Faune Sauvage.
Bretagne Vivante-SEPNB gère plusieurs îlots entourant Ouessant et dans l’archipel de Molène, en réserve biologique avec convention de gestion.
La mise en œuvre de moyens de développement durable est aujourd’hui indispensable pour préserver, voire développer, le patrimoine existant.
Les grands enjeux du territoire
Sur les îles habitées :
- Assurer la mutation socio-économique des îles habitées dans un objectif de développement durable. La diminution et le vieillissement de la population îlienne et l’abandon progressif de l’usage des sols et de la pêche marquent le déclin des communautés traditionnelles. La déprise agricole et l’économie essentiellement touristique à Ouessant, et le vieillissement de la population sur les deux îles habitées menacent l’équilibre de la société insulaire ; la pression foncière résultant du phénomène croissant des résidences secondaires empêche l’installation de familles ou le retour des jeunes îliens ;
- Lutter contre la banalisation et la fermeture des paysages liés à l’abandon de l’usage des sols. L’enjeu écologique est donc fort et doit assurer le maintien de la biodiversité.
- Maîtriser la fréquentation nautique de l’archipel et la fréquentation touristique des îles et les impacts induits : le difficile équilibre entre l’activité touristique et la préservation des milieux naturels et de l’environnement doit impérativement être trouvé ;
- Sensibiliser la population, les scolaires et les visiteurs aux richesses et à la fragilité du milieu.
Sur les îlots :
- assurer le suivi des évolutions naturelles de la faune et de la flore et maintenir la diversité des habitats pour maintenir les potentialités d’accueil des oiseaux nicheurs ;
- limiter le dérangement lié à la fréquentation ;
- respecter la culture insulaire ;
- préserver et mieux connaître le patrimoine archéologique, et maintenir et mettre en valeur le patrimoine bâti insulaire ;
- éviter le développement incontrôlable des activités (notamment touristiques) et valoriser l’archipel au plan pédagogique ;
- connaissance la plus complète possible du patrimoine naturel.
Gouvernance
L’enjeu principal est de faire travailler ensemble de très nombreux gestionnaires d’espaces naturels (l’association Bretagne Vivante SEPNB pour les îlots, le conservatoire du littoral, l’ONCFS, des propriétaires privés et publics…) et d’autre part de faire fonctionner deux outils complémentaires de gestion intégrée : le Parc Naturel Marin d’Iroise pour la mer le Parc Naturel Régional d’Armorique pour la terre.
Projets en cours
- conservation de la biodiversité : entretien des sites classés et zones humides (lutte contre l’enfrichement et l’homogénéisation des sols), suivis naturalistes, atlas de la flore d’Ouessant, travaux préparatoires du guide d’aide à la gestion de la réserve ;
- préservation du patrimoine local (reconstruction de murets de pierres dans les îles) ;
- pédagogie (action, formation) : éducation à l’environnement, sorties nature pour la découverte du milieu insulaire (scolaires et grand public), partenariat pour le jumelage scolaire entre l’école d’Ouessant et la réserve de biosphère des Cévennes, animations autour du patrimoine local pour les scolaires au Centre d’interprétation des phares et balises et à l’Ecomusée du Niou ;
- gouvernance : projet MEDIA pour l’appropriation sociale des sciences (en partenariat avec l’Université de Bretagne Occidentale, Géomer, Géoarchitecture, Océanopolis et le CEMO) : simulation multi-agents pour l’aide à la gestion de territoires sous contraintes/ modélisation d’accompagnement pour une aide à la médiation/ jeu de rôle pour sensibiliser le jeune publique aux enjeux du développement durable.
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