© Erwan Amice
Mieux connaître les écosystèmes marins, partager les expériences, mobiliser les acteurs économiques de la pêche et de la conchyliculture du territoire pour tenter d’améliorer l’état de santé des ressources naturelles et construire des solutions durables et valoriser les richesses de la rade de Brest : tels sont les objectifs de MaerlSEA, un projet de coopération internationale porté par le Parc naturel régional d’Armorique entre 2026 et 2028.
Un patrimoine marin exceptionnel à préserver
La rade de Brest abrite une grande diversité d’habitats naturels, dont les herbiers de zostères, les vasières, les champs de blocs et les bancs de maërl. Ces milieux accueillent une biodiversité remarquable et contribuent au bon fonctionnement de l’écosystème marin.
Formés par l’accumulation d’algues rouges calcaires à croissance très lente, les bancs de maërl sont particulièrement vulnérables aux perturbations. Leur préservation constitue un enjeu important pour la biodiversité, mais aussi pour les activités économiques qui dépendent des ressources marines, notamment la pêche et la conchyliculture.
Opérateur local des sites Natura 2000 de la rade de Brest, le Parc naturel régional d’Armorique entend renforcer la connaissance de ces habitats et le dialogue avec les acteurs concernés.
Trois axes pour construire des solutions collectives
Financé par le volet territorial du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (DLAL FEAMPA) et par la Région Bretagne le projet s’articule autour de trois axes.
Mobiliser les acteurs du territoire
Scientifiques, professionnels de la mer, gestionnaires et institutions seront invités à partager leurs connaissances et leurs expériences. Des ateliers permettront de dresser un état des lieux commun des enjeux de la rade, notamment de l’état de santé des bancs de maërl. Une journée de restitution présentera les enseignements de cette démarche collective.
Mieux connaître les habitats marins
Le projet s’appuiera sur les suivis scientifiques des habitats, notamment grâce à des protocoles d’observation en plongée. Les données recueillies permettront de mieux comprendre l’état des milieux et leur évolution. Leur valorisation sur la plateforme cartographique Indigeo facilitera leur partage entre scientifiques, gestionnaires, décideurs et grand public.
S’inspirer des expériences internationales
Deux voyages d’étude sont prévus sur l’île d’Arran, en Écosse, et à Jersey, afin de découvrir les mesures de gestion mises en œuvre sur d’autres territoires maritimes et d’en étudier les possibilités d’adaptation à la rade de Brest. Les échanges porteront notamment sur les mesures de gestion mises en œuvre autour des bancs de maërl, l’évolution des pratiques professionnelles de pêche et de conchyliculture, la diversification des filières et la restauration des habitats marins. L’objectif : tirer des enseignements de ces expériences pour identifier des solutions adaptées aux réalités écologiques et économiques locales.
Faire connaître la rade et celles et ceux qui la font vivre
Plusieurs supports de sensibilisation permettront de valoriser les richesses naturelles de la rade et les liens entre activités humaines et santé des écosystèmes :
- Une exposition consacrée aux professionnels de la mer et à leurs liens avec les écosystèmes.
- Le Petit guide marin de la rade de Brest, un outil pratique autour des marées associé à la découverte du milieu marin, notamment destiné aux acteurs socio-professionnels.
- Une publication consacrée à la rade de Brest, dans l’esprit de l’atlas de la réserve de Biosphère des îles et de la mer d’Iroise, présentant notamment ses paysages, ses habitats naturels, ses richesses et les activités humaines qui la façonnent.
Ces supports rendront les connaissances acquises accessibles à différents publics, des habitants aux élus et aux professionnels.
Préserver les milieux marins, accompagner les activités
Mieux connaître les habitats, partager les résultats scientifiques et dialoguer avec les professionnels sont autant de leviers pour concilier préservation des écosystèmes et activités économiques.
Avec MaerlSEA, le Parc naturel régional d’Armorique souhaite renforcer la coopération entre science, gestion des espaces naturels et acteurs de la mer, pour contribuer durablement à la préservation du patrimoine marin de la rade de Brest.
Financement du programme
D’un montant d’un peu plus de 150 000 €, ce projet bénéficie du soutien du volet territorial du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (DLAL FEAMPA) à hauteur de 75 000 € et de la Région Bretagne à hauteur de 75 000 € également.