Préserver la biodiversité : les trames écologiques

L'Aulne vue du ciel au niveau de Trévargan © GPO Photographie

L’érosion de la biodiversité découle de la fragmentation et de l’artificialisation des milieux naturels. Pour préserver l’équilibre des écosystèmes, les espaces naturels (rivières, forêts) et semi-naturels (landes, etc) doivent être interconnectés, permettant aux espèces animales et végétales de communiquer, circuler, se nourrir, se reproduire et se reposer. C’est pour répondre à ces enjeux que la politique publique de la “Trame Verte et Bleue” (TVB) a été initiée en 2007 au niveau national. Elle représente à la fois un réseau de continuités écologiques terrestres et aquatiques et un outil d’aménagement du territoire. Le Parc décline cette politique à l’échelle locale à travers des actions concrètes pour préserver la nature et les paysages d’Armorique.

C’est quoi la Trame Verte et Bleue ?

Dans la vidéo ci-dessous, découvrez la politique de la Trame Verte et Bleue à travers le concept des continuités écologiques :

Un grand projet national initié dans les territoires…

La Trame Verte et Bleue prend en compte le fonctionnement écologique des écosystèmes et des espèces dans l’aménagement du territoire et en s’appuyant sur l’ensemble de la biodiversité, remarquable comme ordinaire. C’est le Schéma Régional de Cohérence Ecologique (SRCE) breton qui guide les actions des territoires infra-régionaux en matière de TVB.

De nombreux acteurs font d’ores et déjà vivre la trame verte et bleue à différentes échelles, nationale, régionale, départementale ou encore locale : Office Français pour la biodiversité, Région Bretagne (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires), Agence Bretonne de la Biodiversité, Conseil Départemental (Politique Espaces Naturels sensibles, cellule d’animation sur les milieux aquatiques et la biodiversité, plan arbres), Office National des Forêts, association de protection de la nature (Bretagne Vivante, Groupe Mammalogique Breton, Eau et Rivières de Bretagne, au fil du Queffleuth et de la Penzé pour ne citer qu’elles), syndicats de gestion des bassins versants (syndicat de l’Aulne EPAGA, de l’Elorn SBE, de la Baie de Douarnenez entre autres), etc.

La préservation et la remise en bon état des continuités écologiques impliquent d’agir partout où cela est possible : en milieu rural comme urbain, en milieu terrestre comme aquatique, et ce jusqu’aux littoraux. En cohérence et en complémentarité des programmes des acteurs de la biodiversité sur le territoire, le Parc anime la “Trame Verte et Bleue” locale, visant à intégrer la prise en compte des continuités écologiques dans la planification, l’aménagement, la gestion, les activités, pratiques économiques ou de loisirs notamment.

… et décliné en différentes trames

Le Parc d’Armorique a cartographié les trames écologiques sur son territoire, selon ses spécificités et suivant les recommandations nationales et régionales :

Le Roc'h Trevezel dans les monts d'Arrée à la nuit tombée ©JM Heidinger
Le Roc’h Trevezel dans les monts d’Arrée à la nuit tombée ©JM Heidinger

La trame noire réunit l’ensemble des milieux de toutes les trames qui jouent un rôle pour la biodiversité dans l’obscurité de la nuit.

Environ 64% des invertébrés et 28 % des vertébrés vivent partiellement ou exclusivement la nuit. C’est donc la majorité du vivant qui est nocturne en tout ou partie. Le territoire du Parc d’Armorique figure parmi les plus préservés sur le plan de la qualité du ciel et de l’environnement nocturne à l’échelle de la Bretagne. Plus particulièrement, dans une zone centrale entourant les monts d’Arrée, la noirceur est préservée telle qu’elle pourrait l’être dans une réserve de ciel étoilé. C’est pourquoi le Parc s’est engagé dans des démarches de connaissance, de sensibilisation et de préservation de l’environnement nocturne.

Depuis 2020, dans son volet « trame noire », le Parc innove à l’échelle régionale et commence à dresser un diagnostic en partenariat avec DarkSkyLab pour créer une carte de la qualité de la nuit du Parc. En parallèle cinq communes sont labellisées “Villes et villages étoilés” et des relations plus étroites avec les acteurs de l’éclairage et de l’environnement nocturne (associations, communes, syndicats, département) ont été nourries.

Étude de la pollution lumineuse réalisée par DarkSkyLab pour le Parc d'Armorique en 2023
Étude de la pollution lumineuse réalisée par DarkSkyLab pour le Parc d’Armorique en 2023

L’analyse cartographique de la pollution lumineuse sert à identifier les zones de pollution persistantes en cœur de nuit induites par un éclairage artificiel public ou privé. Ainsi, une étude de terrain plus poussée sur ces secteurs permet d’entamer une démarche de concertation pour réduire et optimiser l’éclairage artificiel avec les structures concernées (communes, commerces, industriels, etc).

Pour aller plus loin

Les vidéos suivantes permettent de mieux comprendre ce qu’est la pollution lumineuse :

Le bocage, une trame verte particulièrement essentielle ©Hubert Taillard GPO Photographie
Le bocage, une trame verte particulièrement essentielle ©Hubert Taillard GPO Photographie

La trame verte est composée de grands ensembles naturels terrestres, comme les forêts, le bocage et les landes. Le maillage de ces espaces naturels de grande qualité confère au territoire une responsabilité régionale comme réservoir de biodiversité.

Le plus vaste ensemble de landes atlantiques de France se situe dans les monts d’Arrée, en mosaïque avec des tourbières, et abrite une faune et une flore exceptionnelle: Bruyères, Ajonc, Sphaigne de la Pylaie (95 % de la population nationale de la Sphaigne de la Pylaie), Drosera et Busards et Courlis cendré nicheurs (dernier bastion de courlis nicheurs bretons). Les landes du Menez Hom, sur des surfaces plus modestes que dans les monts d’Arrée, sont également très accueillantes pour une faune et une flore spécifiques. Citons par exemple l’orchidée la Spiranthe d’été. Les landes en littoral de la presqu’île de Crozon sont favorables à l’alimentation du Crave à Bec Rouge. Sur les îles d’Ouessant et de Molène, les landes littorales constituent elles aussi un habitat d’intérêt communautaire de la trame, avec des landes en coussinet par exemple.

Les forêts du territoire du Parc préservées, en partie grâce au relief, se trouvent sur la presqu’île de Plougastel, les forêts domaniales de Huelgoat, de Landévennec, du Cranou, ainsi que sur les vallons du bassin de Châteaulin, les contreforts des marches de l’Arrée et du Trégor morlaisien qui descendent des hauteurs du Parc. Les surfaces forestières feuillues sont localement le siège d’une biodiversité remarquable: hêtraies-chênaies, Engoulevent d’Europe, Barbastelle, Escargot de Quimper mais aussi amphibiens, mousses, lichens, etc.

Le bocage est une trame particulièrement essentielle sur le territoire du Parc d’Armorique. A la fois réservoir de biodiversité pour des espèces inféodées aux haies, prairies et complexes culturaux, elle représente aussi un tissu perméable aux espèces entre les ensembles forestiers. On constate donc dans les haies bocagères la présence simultanée d’espèces d’affinités forestières et d’espèces de milieux ouverts. Le bocage peut, par exemple, tout à la fois, abriter pics (épeiche, vert, parfois mar) et alouettes, reptiles et amphibiens, rapaces diurnes (buse variable, faucon crécerelle et épervier d’Europe) comme nocturnes (chouettes), chevreuil et lièvre d’Europe, etc. En milieu forestier, les lisières sont des zones extrêmement riches. Plusieurs formes de bocages sont représentées dans les différentes unités paysagères du Parc : un laniéré en presqu’île de crozon, bocage dense et épais dans les monts d’Arrée, nus et empirés sur les îles, plus lâche dans le bassin de Châteaulin.

Le Parc anime des programmes spécifiquement dédiés à la trame verte, par exemple en initiant et en accompagnant les projets de biodiversité en ville (bâti, cimetières, écoles, etc), d’éducation et de sensibilisation à la nature (aire éducative), de connaissance et de protection du bocage ou des bonnes pratiques (gestion, activités, usages).

Le Parc naturel régional d’Armorique est par ailleurs l’opérateur de plusieurs sites Natura 2000, il réalise suivis et études, mais également des travaux de restauration, des projets de valorisation, portés dans des programmes comme le programme Life Landes par exemple.

Pour aller plus loin

L'Aulne maritime à Landévennec ©M.Chave - PNRA
L’Aulne maritime à Landévennec ©M.Chave – PNRA

La trame bleue désigne la continuité écologique des milieux aquatiques et des zones humides.

Le territoire du Parc d’Armorique constitue le château d’eau du territoire : l’Aulne et l’Elorn, deux fleuves majeurs du Finistère, prennent leur source dans les monts d’Arrée et traversent le périmètre du Parc d’est en ouest pour rejoindre la rade de Brest. Ils accueillent des grands migrateurs comme le saumon d’Atlantique ou la truite Fario et des mollusques rares comme la mulette perlière.

Le Parc naturel régional d’Armorique est candidat au label Ramsar pour faire reconnaître au niveau international la richesse des zones humides de son territoire et notamment ses tourbières qui abritent une biodiversité remarquable avec, entre autres, la présence de la Loutre d’Europe et du campagnol amphibie dans ces milieux.

Tourbière du Yeun Elez dans les monts d'Arrée ©C.Amil - PNRA
Tourbière du Yeun Elez dans les monts d’Arrée ©C.Amil – PNRA
Grenouille et papillon dans une mare ©Pexels- Pixabay
Grenouille et papillon dans une mare ©Pexels- Pixabay

Les espaces qui bénéficient aux espèces dont le cycle de vie dépend à la fois des milieux aquatiques et humides (Trame bleue) et des milieux terrestres (Trame verte) sont réunis dans une sous-trame : la trame turquoise.

Le triton marbré, la grenouille rousse et les libellules font partie des espèces se déplaçant dans les points d’eau du territoire du Parc pour se reproduire et s’alimenter : mares, lavoirs, fossés, ornières et zones inondées une partie de l’année.

Le Parc anime un projet d’étude sur ses réseaux de mares et de petits points d’eau pour développer une méthodologie de caractérisation de ces milieux. Elle sera proposée aux acteurs de terrain en 2025. L’objectif est d’améliorer la compréhension du fonctionnement de ce type de réseau écologique pour mieux prioriser et planifier les actions de préservation et de restauration, pour faciliter le déplacement de la faune associée à la trame turquoise.

Vous souhaitez restaurer une mare ou un lavoir ? Plusieurs ressources sont à votre disposition :

Plage de Lostmarc'h à Crozon. © PNRA
Plage de Lostmarc’h à Crozon. © PNRA

De la baie de Douarnenez à la mer d’Iroise en passant par la rade de Brest, les eaux salées bordant le Parc d’Armorique accueillent une grande richesse et une grande diversité de milieux marins et littoraux.

On y retrouve prés-salés, cordons dunaires, falaises littorales, estrans sableux, vaseux ou rocheux, herbiers de zostères marines et naines, banc de maërl, grottes à marée, forêt de laminaires etc.

Les fonctionnalités des milieux marins et littoraux ne s’arrêtent pas aux limites de l’estran, mais se poursuivent au-delà du trait de côte via un réseau hydrographique et sédimentaire, dans un espace en interface entre terre et mer, constitué de différents milieux affiliés.

Le Parc d’Armorique est opérateur local du site Natura 2000 de la Rade de Brest et s’est inscrit dans le projet Life Marha pour développer davantage les actions en faveur de la préservation du milieu marin.

Pour aller plus loin :

 

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