Cette fin d’été 2026 est marquée par la reprise des chantiers de restauration de landes et de tourbières sur plusieurs sites des monts d’Arrée. Ces travaux consistent à rendre à ces milieux naturels leur bon fonctionnement par des comblements de drains et des fauches de landes. Ils représentent une illustration concrète de l’action menée par le Parc d’Armorique pour la préservation des landes et tourbières, des milieux cruciaux pour le stockage du carbone et la sauvegarde de la ressource en eau. Ce travail du Parc se déroule dans le cadre d’un programme du Fonds européen de développement régional (FEDER) qui va se poursuivre jusqu’en 2028.
Le Parc naturel régional d’Armorique a répondu, en août 2025, à l’appel à projets de la Région Bretagne « Favoriser l’adaptation de la biodiversité et de la gestion des ressources naturelles au changement climatique ». Ce nouveau projet FEDER, attribué au Parc le 23 janvier 2026 et doté d’un budget prévisionnel de près de 500 000 €, s’inscrit dans la continuité directe du programme LIFE Landes d’Armorique porté et coordonné par le Parc d’Armorique entre 2021 et 2025 (voir encadré ci-dessous).
Pour la période 2026-2028, il vise à poursuivre la réhabilitation des landes abandonnées pour une gestion agro-pastorale et à étendre la restauration des tourbières et landes tourbeuses sur les 2 sites Natura 2000, Menez Meur et Monts d’Arrée, et leurs abords. Cofinancé par la Région Bretagne et l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, ce programme apportera de nombreux bénéfices au territoire, par exemple sur la ressource en eau, la biodiversité, l’agriculture, le tourisme durable, l’entretien des paysages, la séquestration du carbone et la résilience climatique.
Le programme LIFE Landes d’Armorique, porté et coordonné par le Parc d’Armorique entre 2021 et 2025, en partenariat avec le Département du Finistère et Bretagne Vivante (bénéficiaires associés), et avec le soutien financier de l’Europe, du Ministère de la Transition écologique et de la Région Bretagne, et avec les financements complémentaires de la Fondation du Patrimoine et du Fonds Vert, a permis de restaurer près de 400 hectares de landes et tourbières sur trois sites emblématiques du Parc d’Armorique : Menez Hom, Menez Meur, Monts d’Arrée-Cragou.
Les premiers travaux lancés sur 45 hectares de landes et de tourbières
Les premiers travaux de restauration des landes et tourbières viennent de commencer le 31 août, et les 7 et 14 septembre sur deux sites en Espaces Naturels Sensibles, appartenant au Département du Finistère.
Le 31 août, une première intervention par comblement de fossés drainants a eu lieu sur le site du Cragou (Plougonven) pour restaurer une tourbière. Menés par le groupe Colas au moyen d’une pelle de 12 tonnes équipée de chenilles pour les marais (afin d’éviter la dégradation du sol et de la végétation), les travaux ont consisté à créer des bouchons dans les fossés (en réutilisant les matériaux abandonnés des drainages passés) pour modifier le chemin d’écoulement de l’eau et rétablir l’humidité initiale de la zone. Un processus technique spécifique a été mis en place pour favoriser la reprise végétale. Dans un contexte de risque incendie toujours élevé, des mesures de sécurité particulières ont été mises en place avec la présence d’extincteurs. D’autres mesures ont été prises pour éviter le risque de pollution accidentelle du milieu.
Deux autres opérations de restauration de landes par broyage sont prévues les 7 et 14 septembre, sur le site de Caranoët (Sizun). Le 7 septembre, un premier chantier de fauche par gyrobroyage a été mené. Il sera suivi d’un deuxième le 14 septembre. D’autres travaux seront ensuite menés dans les mois qui viennent sur le versant sud du Roc’h Cléguer, à Brasparts, et sur le site de Guerdoual, à Plounéour-Menez.

« Cet été caniculaire a rappelé l’importance de préparer notre territoire aux crises climatiques. Ce travail d’adaptation passe par des actions de terrain sur certains milieux comme les landes et tourbières qui participent au stockage du carbone, à la préservation de la biodiversité et de la ressource en eau, et limitent les risques d’incendie. Les chantiers que nous menons cette année sur plusieurs communes du Parc en sont une illustration concrète. » Raymond Messager, président du Parc naturel régional d’Armorique
- Les tourbières, irremplaçables pour le stockage de l’eau et du carbone :
- Une éponge naturelle pour préserver la ressource en eau
- 3 % des terres émergées, mais 33 % du carbone stocké dans les sols à l’échelle mondiale
- 1 hectare de tourbière stocke autant de carbone que les émissions annuelles d’environ 1 000 Français
- 5 à 7 fois plus de carbone stocké par une tourbière saine que par une forêt
- 90 % des tourbières européennes sont menacées