Le ciel étoilé du Parc naturel régional d’Armorique est l’un des plus préservés de France. Depuis 2020, le Parc d’Armorique accompagne les communes du territoire pour préserver et valoriser la qualité de leur environnement nocturne, aussi appelé « trame noire ». S’appuyant sur de nouveaux diagnostics de l’éclairage public et privé ainsi que sur plusieurs expérimentations locales, le Parc met aujourd’hui à disposition des élus une méthodologie opérationnelle et des ressources concrètes pour lutter contre la pollution lumineuse, préserver la biodiversité nocturne et réduire leur facture énergétique.
Dès 2020, le Parc a confié à DarkSkyLab la réalisation de la première cartographie de la pollution lumineuse en Bretagne. Les données satellites actualisées en 2024 confirment la bonne qualité du ciel nocturne sur le territoire, en particulier dans les monts d’Arrée, où la noirceur est comparable à celle d’une Réserve Internationale de Ciel Étoilé (RICE). Cette cartographie a également permis d’identifier des zones de pollution persistantes en cœur de nuit, soulignant l’intérêt d’actions ciblées et coordonnées à l’échelle communale.


Source : Etude de DarkSkyLab pour le Parc d’Armorique, 2024.
Pour aller plus loin, le Parc d’Armorique a lancé deux diagnostics pour analyser les sources d’éclairage public et privé sur le territoire. L’objectif : proposer des plans d’action pour les adapter à l’enjeu réglementaire (arrêté de 2018) et environnemental de la qualité nocturne.
Les constats clés de l’éclairage public : un potentiel de rénovation important
Les 44 communes du Parc d’Armorique totalisent plus de 14 000 points lumineux avec en moyenne 320 lampadaires par commune (Noctabene, 2025). Si cette densité reste inférieure à la moyenne nationale, elle demeure significative pour un territoire rural. Le diagnostic montre que :
- 40% des équipements sont aujourd’hui en LED (contre 40% au niveau national)
- Un quart des communes ont déjà rénové plus de la moitié de leurs équipements en LED.
- Une part importante des équipements reste ancienne ou énergivore.
Les priorités identifiées concernent notamment :
- le remplacement des luminaires énergivores ou obsolètes (plus de 20 ans) qui représentent en moyenne 10% des équipements en 2025,
- le remplacement des luminaires d’ancienne génération (entre 10 et 20 ans), et des autres luminaires non LED plus récents qui représentent près de 60% des équipements en 2025,
- le remplacement des appareils divers non LED (bornes, encastrés de sol, projecteurs) qui représentent 4% des équipements,
- la prise en compte systématique des continuités écologiques dans les schémas de rénovation.
La rénovation des équipements est l’occasion pour les communes de repenser leur éclairage. Concertation avec les habitants, adaptation aux usages, sensibilisation et prise en compte de la biodiversité : le Parc d’Armorique propose une première fiche-action clef en main avec une méthodologie éprouvée et des ressources pour se lancer.
Voir les 9 points clefs de l’éclairage public raisonné
Les bonnes pratiques en matière d’éclairage privé
Les acteurs privés (commerces, stations essence, hôpitaux, parkings, zones militaires ou industrielles…) ont un rôle majeur à jouer. Une expérimentation menée sur la commune pilote de Crozon avec Nocta Bene et l’Observatoire de la Nuit a permis d’identifier plusieurs bonnes pratiques :
- Extinction totale des enseignes et vitrines pour les magasins fermés la nuit
- Modulation du temps d’éclairage
- Installation de LED limitant les nuisances vers le ciel
- Abaissement de puissance couplé à des détecteurs de présence pour augmenter l’intensité quand une installation est utilisée.
Télécharger l’étude menée sur la commune de Crozon + la synthèse de nos recommandations pour l’éclairage privé.
Nous avons tous à y gagner
L’obscurité nocturne (la trame noire) est essentielle pour le sommeil, la santé humaine et la biodiversité. L’intensification de l’éclairage artificiel impacte :
- La biodiversité : elle perturbe la reproduction, la pollinisation et les déplacements de nombreuses espèces terrestres et marines (64% des invertébrés vivent la nuit).
- L’économie locale : l’éclairage public représente 40% des dépenses énergétiques des communes (données nationales).
- L’attractivité : un ciel étoilé préservé est une source d’attractivité pour le territoire (succès des aurores boréales, des sorties nocturnes, observations de la M.I.S.S Arrée…).

L’accompagnement du Parc auprès des communes
Le Parc d’Armorique se mobilise pour aider les communes à passer à l’action et à rallumer les étoiles. Le Parc peut apporter un appui technique pour identifier les besoins et les usages en matière d’éclairage ou encore les zones de biodiversité et de quiétude à préserver.
Il met à la disposition des élus et des acteurs locaux une boîte à outils complète :
- La fiche-action “Adapter l’éclairage sur ma commune” avec la méthodologie et de nombreuses ressources.
- Un modèle d’arrêté pour encadrer les horaires d’éclairage public.
- Un cahier des charges type pour élaborer sa propre trame noire.